*Niangara, 05/06/2026 Le Conseil territorial de la jeunesse de Niangara a tenu vendredi 05 juin 2026 une assemblée générale extraordinaire dans la salle polyvalente USHINDI. L’ordre du jour a porté sur la sensibilisation Ebola, la sécurité routière et l’exploitation minière chinoise dans le territoire.

Réunissant l’administration territoriale, les comités locaux de sécurité, les notables, les associations de femmes et des taxis-motos, la rencontre a principalement dénoncé l’absence de cahier de charges régissant les activités des exploitants chinois sur les terres communautaires de Niangara.
 
Selon les participants, l’exploitation minière chinoise pose plusieurs problèmes : exploitation jugée abusive des minerais, non-respect des autorités locales, absence de cahier de charges, et violences envers les jeunes. L’assemblée a évoqué le cas de quatre jeunes, dont trois garçons et une fille, tabassés le dimanche 31 mai 2026 dans une base chinoise. Les victimes seraient dans un état de santé critique et évacuées à l’hôpital d’Isiro.

À l’issue des débats, le Conseil territorial de la jeunesse a pris 6 résolutions :
1. Demander au Ministre Provincal des Mines du Haut-Uélé d’arrêter immédiatement l’exploitation jusqu’à l’élaboration d’un cahier de charges et l’indemnisation des dégâts causés.
2. Exiger le départ des Chinois de Niangara après indemnisation, leur présence étant source d’insécurité et de tracasseries selon l’assemblée.
3. Saisir la DGM pour obtenir les statistiques actualisées des ressortissants chinois dans les bases minières.
4. Demander au Ministre Provincal des Mines, élu du territoire de Niangara, de se rendre urgemment sur place dans 72 heures.
5. Garantir la prise en charge sanitaire des victimes des violences du 31 mai 2026.
6. Saisir le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, pour prise d’acte.

Un mémo contenant ces décisions a été déposé à l’autorité territoriale.


Interrogé par l’ACP, le président du Comité territorial de la jeunesse, Olivier Mbalabio, a déclaré : « Le point saillant était l’exploitation sauvage des Chinois. Ils sont venus sans cahier de charges et la communauté ne voit aucun avantage. Nous demandons la suspension des activités et leur départ, à moins qu’ils acceptent de signer un cahier de charges ».

La société civile est dans sa synergie quant à elle, tout en accusant le service de mine pour toutes les manipulations liées à cette exploitation.

De son côté, l’administrateur du territoire, Bob Manzoko Mukomolo, a indiqué n’avoir jamais vu le cahier de charges. « La délégation provinciale nous avait dit que les Chinois étaient venus pour la prospection et devaient s’acquitter des taxes et du cahier de charges. Mais depuis 7 à 8 mois, ils continuent de travailler et ont pollué notre territoire », a-t-il affirmé. Il a confirmé l’agression de trois Congolais par des Chinois à la suite d’une dispute liée à l’or.

L’administrateur a ajouté que les victimes ont été évacuées à Isiro pour des soins appropriés. L’ACP n’a pas pu joindre les responsables des sociétés chinoises pour leur version des faits.

ACP/Emmanuel MBOLI
Consultez sur notre site web https//:carniangaranews.wordpress.com

Laisser un commentaire